Compagnie Dominique HOUDART - Jeanne HEUCLIN

ZAZIE DANS LE METRO

d'après le roman de RAYMOND QUENEAU et une interview de Raymond Queneau par Marguerite Duras pour le journal "l'Express" adaptation Evelyne Levasseur

Mise en scène Dominique Houdart. Marionnettes de Patrick Grey. Avec Jeanne Heuclin: Marguerite Duras, la veuve Mouaque et voix de Zazie Dominique Houdart: Raymond Queneau, Tonton Gabriel, Trouscaillon, Gridoux, une passante.

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"Je naquis au Havre un vingt et un février en mil neuf cent et trois. Ma mère était mercière et mon père mercier. Ils trépignaient de joie."
Raymond Queneau

 En janvier 1959, Marguerite Duras interviewa Raymond Queneau pour le journal "L'Express". Évelyne Levasseur, comédienne et auteur dramatique, partit de ce texte pour amorcer son adaptation théâtrale de Zazie dans le Métro qu'elle joua pendant huit ans dans le monde entier.

 À l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Raymond Queneau, l'auteur de "Loin de Rueil", de "Pierrot mon ami", des"Exercices de style" et de Zazie dans le métro", nous reprenons cette belle adaptation théâtrale, en lui donnant une forme nouvelle par l'utilisation de marionnettes.

 Zazie appartient au domaine de la confusion et du déguisement, confusion des lieux, confusion des sexes, géographie déroutante, travestis, "les formes de duplicité sont ici innombrables", écrit Roland Barthes dans un article sur Zazie et la littérature, paru dans la revue Critique. "la Vérité, s'écrie Gabriel (geste), comme si quelqu'un au monde savait cexé. Tout ça (geste), tout ça c'est du bidon : le panthéon, les Invalides, la caserne de Reuilly, le tabac du coin, tout. Oui, du bidon". "le songe d'un songe, le rêve d'un rêve (ou d'un cauchemar), à peine plus qu'un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh ! pardon)."  Marguerite Duras, jouée par Jeanne Heuclin, rencontre Raymond Queneau, joué par Dominique Houdart, et l'interroge sur la sortie de son roman Zazie dans le métro". L'auteur évoque son personnage, et Zazie apparaît, issue des poches, du chapeau, de la cravate, de la serviette de Queneau, elle envahit son auteur, elle l'habite, elle en est le prolongement, l'obsession, la résurgence. Une table de bistrot, deux chaises, un perroquet, quelques chapeaux, un tréteau nu et deux comédiens.

 Ce spectacle est conçu pour être joué partout, sur une petite scène, dans un bistrot, dans un jardin, dans une bibliothèque, dans une salle d'attente ou un préau, un hôpital ou une prison, un appartement, un palais présidentiel, bref partout, même sur une Scène Nationale. "Je fais un drôle de métier, hein, dit le garagiste, mais vous verrez mes légumes l'année prochaine"

CRITIQUES

 Zazie dans le métro par la Cie Dominique Houdart - Jeanne Heuclin

Un des autres grands bonheurs de ce festival. En 1959 Raymond Queneau publie Zazie dans le métro. Pour le journal L'Express, Marguerite Duras interviewe le romancier-poète. Sur la scène, une banquette de brasserie très parisienne, deux chaises, une table de bistrot et un perroquet. Duras et Queneau entrent. L'interview commence. Et la magie opère : Zazie apparaît là où on ne l'attend pas toujours (dans une cravate, un pot à sucre,...) sous la forme démultipliée et de taille variable d'une marionnette à l'air espiègle. Et l'histoire de cette petite fille dévergondée mais faussement dure à cuire se déroule sous nos yeux ébahis, l'esprit en éveil grâce aux trouvailles des deux manipulateurs-comédiens. Si Dominique Houdart est à la fois Queneau, Tonton Gabriel ou Trouscaillon, Jeanne Heuclin prête une voix gouailleuse et tendre à Zazie tout en sachant être Duras ou la Veuve Mouaque.  La marionnette ne doit pas rebuter les plus endurcis (je pense aux pré-adolescents qui " ont passé l'âge "). Elle rend l'oeuvre actuelle, Zazie est bien une petite soeur des banlieues. Le spectacle peut se jouer partout, en appartement tout autant que sur une scène et la compagnie sera en tournée dans le sud-ouest de la France en novembre et dans le Lubéron en décembre. Ne les ratez pas.

Jacques Fournier (revue Décol')  Il y a toujours des privilégiés ! Dans un Avignon amputé du IN et boiteux du OFF, mon 14 juillet ignora les défilés des militaires, la réception de l'Elysée et le tour de France cycliste; de plus il fut placé sous le signe de l'humour à l'état pur ! Il faut dire que, levé tard après une nuit ou ne manquèrent ni palabres ni provocs, je vécu dans l'après midi au théâtre du Chêne Noir sous le signe de Raymond Queneau.

 On y jouait une ZAZIE DANS LE METRO originale restant néanmoins très fidèle au texte. La pièce adaptée par Evelyne Levasseur met en scène Dominique Houdart, Jeanne Heuclin et une Zazie pourvue du don d'ubiquité sous la forme de diverses marionnettes, merveilleuse trouvaille de décor et de mise en scène. Le perroquet Laverdure qui ponctue les dialogues des comédiens de son très célèbre "Tu causes, tu causes, et c'est tout ce que tu sais faire" est également là ainsi qu'un public tout simplement ravi de retrouver la veuve Mouaque, l'agent de police Trouscaillon et l'ambigu tonton de Zazie. Voilà du jubilatoire finement servi dont j'espère la sortie à Paris au cours de la saison 2003/2004. Quel directeur de théâtre inspiré sautera sur l'occasion ? Claude CHANAUD

Une marionnette, mon cul !

Si Zazie utétélà, à celui qui lui demanderait si elle a apprécié de se voir figurée en marionnette dans le spectacle re-créé par la Compagnie Houdart-Heuclin, c'est sûr quelle répondrait, avec le langage distingué qui la caractérise dans le roman de Raymond Queneau : " Une marionnette , mon cul ! " Et, au fond, elle n'aurait pas tort !Pour quatre raisons, au moins.

Dabord parce que, pour représenter l'insolence, la naïveté, la curiosité, la franchise, l'égocentrisme, l'intrépidité de cette gavroche provinciale, Dominique Houdart et Jeanne Heulin manipulent non pas une, mais dix huit marionnettes : au moment de l'apéritif qui clôt traditionnellement les spectacles des Atypiques, ce vendredi soir, dans le hall de la médiathèque, cétait à qui trouverait le compte exact de ces adorables poupées qui jaillissent du micro, de la cravate, d'une tasse, d'un paquet de cigarettes, qui sautillent en ombre chinoise, enfilent des bloudjinnzes, éructent des grossièretés ou se font câlines au creux d'une épaule.

Ensuite, parce que Zazie, ce nest pas seulement une marionnette. Comme l'écrit Queneau : "Zazie, cest un songe, le songe dun rêve (ou dun cauchemar) et toute cette histoire , le songe dun songe, le rêve dun rêve, à peine plus qu'un délire tapé à la machine par un romancier idiot" Mais il y a des délires qui se nourrissent d'idées justes et de vérités vraies. Ecoutez par exemple Gabriel, le Tonton de Zazie : " Pourquoi qu'on supporterait pas la vie , du moment qu il suffit d'un rien pour vous en priver ? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène. Sans ça, qui supporterait l'énervement des parents, les gueulements des adjudants, la turpitude des nantis, les gémissements des anéantis ? "

Troisièmement, parce que Zazie, c'est l'esprit , le coeur, l'obsession de Queneau , et qu'il lui donne une force symbolique en la confrontant avec tout un peuple de gens normaux (une veuve, une amoureuse, un flic, un cordonnier, un patron de bistrot, un artiste de cabaret ), tout à fait semblables à nous, mais qui par l'écriture deviennent des zérozorigino . Et, par la magie dun képi, dun soulier, dun tablier , dun sac à main, les deux comédiens donnent vie à tous ces personnages que Zazie rencontre dans son aventure parisienne.

Enfin, parce que Zazie, pour tous ceux qui ont vu ce spectacle, ce sera aussi désormais le couple complémentaire Dominikéjane : Jeanne Heulin, jolie dame aux cheveux gris, lui prête voix et on entend une gamine effrontée, candide, boudeuse, chagrinée. Dominique Houdart, en père Queneau indulgent, lui offre le refuge d'un corps et d'une barbe de patriarche.

Si vous ajoutez que cette marionnette multiple se glisse en tiers dans le dialogue entre l'écrivain Raymond Queneau (joué par D.Houdart) et l'écrivaine Marguerite Duras (jouée par J.Heulin), vous aurez une idée de la densité de ce spectacle : magie de la manipulation, rigueur des mouvements, beauté des accessoires, virtuosité des voix, maîtrise des changements à vue : de la marionnette, oui ! mais quel art !

Josy MAZE

Photos de Pierre Borasci

FICHE TECHNIQUE

Un espace de 4 mètres de large, 4 mètres de profondeur.

Lumière: plein feu (4 projecteurs peuvent suffire)

Sono: diffusion d'un CD pour la musique d'accueil

Configuration frontale

L'idéal est de prévoir quelques tables de bistrot, au mons pour les premiers rangs de spectateurs.

Limiter la jauge à 150, car les marionnettes sont assez petites.

Tarif

Cachet 1.500 euros par représentation. + TVA 5,5%

Tarif dégressif pour une série

Transport 0,50 euros du kilomètre

Défraiement syndical pour deux personnes

SACD




Renseignements :
Nouvelle adresse

Cie Dominique Houdart-Jeanne Heuclin
12 RUE VAUVENARGUES
75018 PARIS
Tel 01 42 81 09 28
GSM 06 11 87 62 77
Siret: 353 180 813 00035
APE 923 A
Licence cat 3 n 15816
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Zazie dans le métro

Adaptation Evelyne Levasseur

Critique de Zurban

Exercices de styles

Zazie dans le métro

"On ne sait pas forcément que le papa de zazie a été interviewé par Marguerite DURAS.

Au fil de cette rencontre, l'auteur évoque Zazie et ses réflexions impertinentes. lle surgit d'une poche, d'un sucrier, du micro.

Jeanne Heuclin lui prête sa voix et Dominique Houdart joue tous les autres personnages, l'oncle Gabriel, Trouscaillon, le cordonnier...

La marionnette est une spécialité de la compagnie; elle symbolise à merveille l'acte de création.

Le personnage envahit l'imaginaire de l'auteur, grandit avec l'histoire. Voilà quarante ans que le couple Houdart/Heuclin conduit un parcours d'excellence dans le théâtre de figure. En quelque soixante spectacles, ils ont exploré aussi bien la science que la littérature. Parmi leurs plus belles créations, Les Padox font figure de stars et si vous les rencontrez, vous n'oublierez jamais le condensé d'humanité que dégagent ces tendres marionnettes grandeur nature, muettes, au pas lent et à la face lunaire.

C.D

Critique de "L'humanité" du 22 octobre 2004.

Queneau et Duras

"Tout commence par l'histoire, vraie, de la rencontre entre deux écrivains majeurs du XXème siècle.
Nous sommes en janvier 1959. Marguerite Duras, pour le compte de "l'Express", interviewe Raymond Queneau qui vient de publier "Zazie dans le métro".
Les deux auteurs sont brouillés pour raisons professionnelles. L'entretien débute froidement. Duras s'agite, demande un verre, accule Queneau sur ses conceptions du roman. L'homme semble hésitant, bafouille, esquive, et finit par trouver refuge derrière les mots de son roman. Commence alors une plongée dans l'univers de Zazie, ses compagnons truculents ou grotesques, son argot, ses rêveries, le tout porté par deux seuls comédiens : Dominique HOUDART, parfait dans la peau de Queneau ou de Tonton Gabriel, et Jeanne HEUCLIN, jonglant entre la gouaille de Zazie et la voix cassante, étonnament réaliste, de Duras.

Leurs échanges redonnent à cette histoire, souvent connue du spectateur, un élan nouveau, né du décalage entre les deux textes qui nourissent la pièce et s'entremèlent : celui du roman, réjouissant et poètique, celui de l'interview, née dans la gêne et l'affrontement ( l'adaptation est signée Evelyne LEVASSEUR ). La surprise vient aussi de l'emploi des marionnettes qui rythme la mise en scène : poupée ou ombres chinoises. Zazie s'incruste dans les dialogues, envahit le décor, disparaît, revient encore -petite voix qui résonne dans la tête de son auteur.

C'est un ravissement pour le jeune public, mais aussi pour ceux qui, plus âgés, aimeront retrouver la langue de Queneau et ce Paris populaire qu'il décrit."

Paul FALZON.